Je sais tes soucis, mais on ne peut pas accueillir toute la misère du monde.On ne peut pas ouvrir la porte a tous les pauvres de la terre.
S'il n'y avait que toi, il y a lomgtemps, tu sais, qu'on t'aurait accueilli a bras ouverts. Mais il y a tous les autres, tous les pauvres du monde. S'ils apprenaient que je te faisais une faveur quelconque, ils rappliqueraient tous et dieu sait comment tout cela finirait.
Je sais bien que ce n'est pas une vie que tu mènes. Ca ne mérite pas le nom de la vie. C'est pire qu'une vie de chien. Aucun homme ne devrait vivre ainsi.
C'est une honte pour l'humanité entière que des humains, nos semblables, n'aient pas meme le minimun pour vivre.
Je comprends ta colère et je suis d'accord avec toi lorsque tu dis que les riches, les pays riches, ont du voler a un moment ou a un autre les pauvres. Je crois que j'aurais réagi tout comme toisi j'avais été a ta place. J'aurais pris les armes et j'aurais foncé, les yeux fermé, dans le tas. J'aurais mis des bombes partout et j'aurais laissé discourir les experts. Je les aurais laissés donner des chiffres et commenter des courbes.....C'est pour ca que je ne t'en veux pas.
Crois moi je songe souvent aux pauvres. J'ai honte d'appartenir au club des riches, au sept pays les plus riches du monde. Oui j'ai honte de cet appétit féroce qui nous caractérise et qui fait que nous nous goinfrons sans mesure ni retenue.
Quelquefois, j'ai envie de quitter le pouvoir et de voler au secours des veuves et des orphelins. Il y en a tellement dans le monde. Je ferai oeuvre utile. Je m'éloignerais des vanités du pouvoir et du luxe tapageur de ce lieu. Je courrais le monde pour dénicher les tyrans et rendre justice aux pauvres.
Vois-tu je hais ce lieu. Il me rapelle sans cesse que j'ai trahi, malgré moi, mon idéal de justice. Je regrette de gouverner ce pays. Je n'aurais jamais du briguer la présidence. Je n'aurais jamais du nourir cette ambition. Elle m'a fait perdre de vue l'essentiel, ce en quoi j'ai toujours cru.
Tu me connais bien, Brahim. J'ai toujours voulu me rendre utile et non me vautrer dans le luxe. Or, je constate, a mon grand regret, que je suis, sans le vouloir vraiment, du coté des riches, et que j'ai oublié les pauvres. Cela fait de moi le plus malheureux des hommes.Je refuse ce confort et ce luxe. Je refuse cette vie facile. Je veux m'associer aux révoltes qui agitent sa et la le monde. C'est cela qui compte. Cette lutte. Le reste est insignifiant. Je veux quitter le camp des nantis et me draper dans des baillons, et dormir a la belle étoile, et risquer ma vie, et lutter pour un monde meilleur.
Je sors souvent du palais de l'Elysée, le soir. J'attends que tout le monde dorme. Je rend visite a une vieille gouape, une sorcière, a l'autre bout de la ville. (...) elle m'assure que je pourrais bientot etre duex hommes a la fois : je pourrai continuer de présider la france et j'irai lutter avec les pauvres pour un monde plus humain. Je ne pouvais pas lui dire que c'est a toi, brahim, que j'écrivais pour l'expliquer que je regrettais d'avoir instituer un visa obligatoire pour les pauvres. Je n'avais pas le choix brahim. C'est les députés qui m'ont forcé la main.
"Il fait instituer un visa m'ont-ils dit , si on ne veut pas que tous les pauvres du monde rappliquent. On dirait qu'ils sont bouchés. Il faut leur barrer la route. tu piges? Il faut les empecher d'entrer. Il faut les décourager par tous les moyens. Les pauvres, ca ne comprend jamais que la manière forte. Si on leur explique avec des mots ils ne voudront jamais entendre raison"
Voila brahim je te laisse maintenant. J'espere que tu ne m'en veux pas trop. (...)Sois sur en tout cas qu'un jour on se retrouvera tous les deux cote a cote et on se battra pour un monde meilleur.
signé : le président de la république
Extrait du livre : le partage du monde de Kebir ammi